POUR AVERTISSEUR

Il faut prévenir en préambule que le lieu où la voix prend forme fût d’abord repéré par Anaximandre, il le sentait comme le froid océanique puis par Parménide, il apercevait là l’être Immobile, pour Platon c’est l’esprit universel Saint Paul en fait l’esprit Saint. Kant l’a vue comme raison en soi. Hegel l’a strictement contraint dans une structure dialectique. Freud eu la vision déconcertante d’une mer inaccessible et infinie. Husserl se décida pour le chiffre ontologique l’ayant auparavant délimité comme grammaire générale et raisonnée du réel. Heiddeger l’a envisagé comme être des lointains. Lacan nous à fait l’aumône d’une forme en L.

Lévi-Strauss devant le multiple des totems à repéré un axiome générateur. Saussure ayant pressenti un au-delà des phonèmes et cherchant dans le jonchet délaissé du langage le moment d’une vérité qui réduirait l’énigme de la linguistique s’est résigner à la consigne d’un phonème zéro. Merleau-Ponty pour sa part a saisit un axiome générateur en tant que chiffre ontologique ou encore urdoxa.

 

L’ŒUVRE ET SON ÉPREUVE, LE SECRET

Tirage natif une épreuve d’artiste est l’apparition comme double de l’empreinte gravée par sur le métal le bois ou la pierre, preuves initiales. Apparition aux formes imprévisibles elle vaut pour coup pour rien. Déclarée non conforme ce n’est jamais elle qu’on attend et si on la sollicite c’est pour la mettre à la question. Là, le cru de l’apparition doit céder le pas au cuit de la modélisation. La preuve vouée au néant présente l’absence de l’épreuve comme principe de l’œuvre: la preuve est douloureuse, l’épreuve est la tentation de faire taire la douleur et l’œuvre est la sublime illusion qui présente la disparition et de la preuve et de la douleur. Là , l’épreuve est la route à jamais perdue où la preuve que l’on ne verra pas chemine et bientôt parvenue se métamorphose en Oeuvre où des sentiers brûlés par une encre vermillon ne mènent évidement nulle part.

Créer serait alors la présentation du désir de la tentation où l’épreuve vaudrait pour preuve?

L’artiste à l’exemple du promeneur solitaire s’émeut en un instant et son épreuve est la preuve de la présence conjointe du désir et de la tentation. Pas de preuves sans désirs et pas d’épreuves sans tentations. L’épreuve de l’illusion précipite l’artiste à la rencontre de l’Oeuvre en tant qu’être ou témoin de la preuve. Si l’épreuve tient lieu de preuve alors l’Oeuvre dit la présence conjointe du désir et de la tentation. Cette coprésence ou coïncidence autre de la preuve est maintenant le garde de la circulation de l’épreuve. Là, l’épreuve est le désir du désir ou désir de la tentation de la preuve. L’Oeuvre et son épreuve doubles de la preuve ainsi consolent de l’inconcevable de son absence et de l’indésirable de son apparition. Le fantasme qui hante l’Oeuvre en tant qu’épreuve ou double du désir dissimule faussement son absence tout en gratifiant vraiment de sa présence. Le désir de la preuve ou désir d’Objet en tant que corps de l’épreuve est l’Oeuvre comme désir de la tentation. Cette épreuve sans cesse renouvelée semble bien être la présentation de la présence omniprésente de ce désir dans l’intention affichée de dissimuler par le splendide de la présence et le faste du présent l’atroce de l’absent et le douloureux de la présence de son absence. L’épreuve de la forme comme récit de la catastrophe se présente là pour Oeuvre de la catastrophe.

L’artiste tel le géant Sisyphe est le forçat de l’absurde et c’est bien toujours déjà le paradoxal de la catastrophe qui énonce le motif fascinant qui attend dans le miroir. L’indulgence de la catastrophe pour son reflet en tant qu’Oeuvre amnistie et réhabilite en un procès mondain sans cesse ajourné la présence de l’épreuve de l’Unique pour que la preuve ne soit dévoilée que dans le huit-clos du secret. L’absurde et le paradoxe doubles de la catastrophe à tous coups distraient du véridique de la douleur et de l’évidence du désastre tout en imposant le mime de la comédie et le sérieux du gisant. Signifier la catastrophe c’est fournir le fouillis de l’obscure et ainsi tel Oedipe s’infliger la cécité dans le temps même où s’expose l’incontournable de l’oracle. Les visions ainsi relatées sont l’énergie du ténébreux de la catastrophe en tant qu’aveuglante séduction du secret. Là, l’épreuve est la convention rituelle où la preuve présentée flamboyante en son Arche bientôt devenue incendiaire éclaire l’Oeuvre dont elle est le motif et réduit sous nos yeux au silence la Table des Arcanes.

Le catastrophique de l’épreuve semble bien être alors le secret de la preuve qui illumine l’oeuvre. Peut-on y renoncer?

Renoncer à la douleur de la catastrophe c’est abandonner la preuve, l’épreuve et l’oeuvre de son secret et accueillir la preuve l’épreuve et l’oeuvre du secret de l’autre. Placer le secret de l’autre comme autre de son secret dans la vitrine d’une proposition spatiale c’est en choisissant l’inscription faire de celle-ci le garde de la présence de l’absence du secret comme présence d’un langage. Cette présence qui toujours déjà est la preuve de l’existence première du gémellaire sans cesse prodigue au devant d’elle la présence de l’absence du présent ou apparition installée. Ce code impérieux exempte d’une présence ici, désigne une présence là et installe une présence là-bas, ailleurs. Ce complexe se fige alors en un contexte et là l’épreuve est le Choeur archaïque où la preuve aphone bientôt rendue en vis à vis de la rampe interprète le plain-chant qui enchaîne le Différent à la sévère figure de la tessiture.

L’apparition installée de l’épreuve semble bien se présenter là comme principe de la preuve ou véridique de l’Oeuvre: pouvons nous nous en défaire ?

Ici, il faut poser la présence de l’absence du secret comme moment de l’élévation du présent en tant que principe de l’essence de la disparition ou apparition continuée en représentant l’Objet comme Imago, Nomen et Valor . Montrant son image et ses doubles comme présence d’une triple digitalisation l’Objet s’absente emportant avec lui le secret, liturgie du monumental ou droit de l’interdit et l’inscription se présente en tant que présence de la disparition du catastrophé, l’artiste compulsif érigistique ou fou de la Loi. Ainsi le secret et ses doubles, la preuve autre de l’aveu, l’épreuve autre de la déposition, l’oeuvre autre du témoignage, le chef d’oeuvre autre du verdict puis encore le grand-oeuvre autre du solennel ont été évacués et l’ailleurs d’abord l’impensé ou prétexte ensuite le pensé ou texte puis le compensé ou contexte enfin le dispensé ou ext est désormais établi comme le dépensé ou ex.

L’apparition en son affirmation survient ici non comme immédiat ou absurde de l’oraculaire mais confirme en son apparition la vivace présence que présente la disparition de l’Oeuvre en tant qu’effigie du secret. Libres du témoin nom de l’Être ou l’ailleurs et débarrassés de l’Unique nom des brutes ou le secret, le garde et le servant noms du même se sont délités. La disparition du maître et de son modèle en tant qu’apparition de la présence de l’absence de l’Unique à laissé place ici au Multiple des présences analogues.

Dès lors le Différent intention de l’extension du Multiple ici soulagé de la tension de l’Unique et bardé de l’abstention de l’Ailleurs se fait entendre comme présent de la présence ou critérium Ï , et ainsi s’étendant ouvre tout à fait l’éclaircie où la présence de l’espace de la révélation de l’accueil comme tare et l’absence du havre du secret du dommage comme souci s’unissant, produisent l’apparition en tant que circonstance de l’être en son séjour. Ici est ouvert achevé le présent de l’espace inouï de l’apparition continuée où la suffisance de l’accueil souffle la morgue du dommage et le nécessaire de la tare obère le superflu du souci. Le critérium ï porte en son dispositif le phénomène qui manifeste l’apparition de l’essence de la présence de l’absence de l’absent ou régal des charmes.

Santa Ana del Norte et Paris 1997-1999